Il est possible de limiter l’impact environnemental d’Internet en adoptant quelques bons gestes. Internet est en effet un outil formidable, mais hautement polluant et énergivore dont nous analysons l’impact dans cet article. Voici dix habitudes à prendre pour réduire l’empreinte environnementale d’Internet.

 

1. Je tends vers une sobriété numérique

Le think tank The Shift Project appelle à une sobriété numérique. La meilleure manière de réduire l’impact environnemental de mon utilisation d’Internet est, en effet, de modérer mon activité numérique. Pour tendre vers la sobriété numérique, je questionne régulièrement mes besoins numériques et mes réflexes digitaux pour évaluer leur empreinte environnementale. Une tablette sera-t-elle utile si j’ai déjà un smartphone ? Est-ce nécessaire de mettre ces 5 personnes en copie de mon mail si seulement 2 d’entre elles sont concernées ?

Me questionner de la sorte me permet d’avoir une utilisation responsable d’Internet et de me tourner vers des alternatives moins polluantes pour mes équipements numériques. Dans l’idéal, le divertissement digital deviendra même une activité secondaire pour moi car je privilégierai d’autres loisirs.

 

2. Je stocke moins de photos et de documents

Les photos et les documents sont des fichiers volumineux en matière de données. Ils prennent de la place sur nos appareils numériques et sur le cloud. Or, plus nos équipements contiennent de données, plus ils demandent de l’énergie pour pouvoir fonctionner et doivent, de fait, être rechargés fréquemment. Concernant le cloud, chaque fichier stocké en ligne vient charger les appareils serveurs qui consomment beaucoup d’énergie.

Je veille donc à ne garder que les photos et documents essentiels. Lorsque je ne les consulte pas fréquemment, je les sauvegarde sur un disque dur externe, acheté d’occasion pour pousser la démarche écologique jusqu’au bout.

 

Personne prenant une photo avec son iPhone

Crédit – Isaac Sanchez

3. Je fais le tri de mes mails régulièrement

Trier ses mails permet d’éviter la surcharge des appareils serveurs qui consomment énormément d’énergie. Je supprime donc régulièrement les mails qui sont obsolètes ou qui me sont inutiles. Une fois le tri de ma boîte mail effectué, je fais attention à vider définitivement la corbeille. Je peux aussi paramétrer une suppression mensuelle de son contenu. Pour faire le tri de ma boîte mail, je peux me réserver un créneau une fois par semaine.

À chaque newsletter qui me spamme ou que je n’ouvre jamais, je prends le réflexe de me désabonner sans remettre la tâche à plus tard. De cette manière, le flux de ces courriels diminue petit à petit. Il est très satisfaisant d’avoir une boîte mail claire, où sont gardés uniquement les courriels utiles de projets en cours.

Je veille à réduire le nombre de destinataires en copie de mes mails quand tous ne sont pas directement concernés. En agissant ainsi, j’évite qu’un même courriel soit stocké dans différentes boîtes de réception, et donc sur plusieurs appareils serveurs.

Je compresse mes pièces-jointes avant envoi afin que mes courriels soient moins volumineux en données. Ce geste réduit la consommation d’énergie de la fibre optique qui fait transiter les données d’Internet.

 

4. Je réduis ma consommation de streaming

Les services de vidéos en ligne (Youtube, Netflix, Amazon Prime…) ont un fort impact CO2. Je préfère donc le téléchargement de mes films et séries au streaming. Au mieux, je réduis ma consommation de streaming vidéo à une heure par jour selon une estimation du think tank The Shift Project. Pour aller plus loin, je peux même réserver le visionnage de films et séries pour les dimanches pluvieux. La semaine, j’en profite pour lire sur de vrais livres, pas sur une tablette avant de dormir. J’améliore ainsi la qualité de mon sommeil.

Si j’ai un lecteur DVD sur ma télé ou mon ordinateur, je peux aussi échanger mes DVDs avec des amis, en louer dans des médiathèques ou des ludothèques, en acheter en ressourceries…

Si j’ai un programme TV favori (a.k.a. Top Chef), je privilégie le direct plutôt que les replays. Pour ce faire, je peux réserver mes soirées les jours où les épisodes sont diffusés.

 

Tablette tactile affichant l'interface de Netflix

5. J’achète mes appareils connectés reconditionnés

Le reconditionnement est le fait de remettre à neuf des appareils électroniques défectueux. Cette pratique favorise la réparation en changeant quelques pièces plutôt que l’ensemble de l’appareil. Le reconditionnement économise ainsi des ressources précieuses comme les métaux rares. Il évite également la consommation d’énergie et les rejets de CO2 émis lors de la production des appareils connectés. 10% des consommateurs et consommatrices achètent leurs smartphones reconditionnés. Je rejoins le mouvement en achetant mes appareils connectés (ordinateurs, smartphones, tablettes…) sur des sites comme Les Ateliers du Bocage et Backmarket.

Dans le même esprit, avant de me débarrasser d’un appareil électronique auprès de filières agréées D3E (pas aux encombrants), j’essaie de le faire réparer chez un commerçant du coin ou dans des repair cafés.

 

6. J’utilise un moteur de recherche écologique

Faire des recherches sur Internet génère des rejets de CO2 et de gaz à effet de serre. Ces émissions polluantes sont liées à l’énergie utilisée par les data centers hébergeant les données des moteurs de recherche tels que Google.

Je peux avoir une meilleure utilisation d’Internet en installant en un clic des moteurs de recherche écoresponsables.Il existe Ecosia qui participe activement à la reforestation en y consacrant 80% de ses bénéfices. Le moteur de recherche Lilo, quant à lui, reverse les revenus générés par nos recherches à des projets solidaires et environnementaux.

 

7. J’accède le plus directement possible aux sites internet

À chaque recherche, les data centers du moteur de recherche que j’utilise sont interrogés. Cette action génère des émissions de gaz à effet de serre. Ces rejets polluants découlent de l’électricité utilisée par les appareils serveurs et la fibre optique qui stockent et font transiter les données.

J’accède donc le plus directement possible à la page ou au site que je souhaite consulter pour limiter l’impact environnemental de ma recherche. Pour ce faire, j’entre directement l’URL du site dans la barre de recherche quand je le connais, plutôt que de lancer une recherche sur un navigateur.

De plus, j’enregistre en favori les pages et sites que je consulte fréquemment pour y accéder en un clic.

Enfin, je garde uniquement ouverts les onglets utilisés pour mon projet en cours. De cette façon, je ne sur-sollicite pas inutilement les data centers et la fibre optique.

 

Personne tapant sur un ordinateur

Crédit – Burst

8. Je choisis des serveurs écoresponsables pour mes projets numériques

Si j’ai pour projet de lancer un blog ou de monter un projet digital, je peux choisir des hébergeurs qui utilisent uniquement des énergies renouvelables pour fonctionner, comme Strato et Aiso. Certaines entreprises utilisent même la chaleur produite par leur data centers pour chauffer des logements ou des piscines municipales, comme la startup Stimergy à Grenoble.

 

9. J’imprime les documents consultés sur une longue durée

Consulter des documents sur un appareil numérique demande de l’énergie. Dès lors, si je passe plus de 2 min par page d’un document, ou que je sais d’avance que je vais le consulter longuement, je l’imprime sur du brouillon ou du papier recyclé, en noir et blanc et format recto verso. En effet, une étude de 2011 réalisée par l’Ademe établit que, quand la lecture de documents dématérialisés dépasse 2 min et 12 sec, elle a une empreinte écologique plus forte que l’impression papier. Je n’oublie pas de fermer mon ordinateur ou la page du document imprimé, sans quoi l’impression n’aura servi à rien.

 

10. J’éteins mes appareils connectés et ma borne wifi

Lorsque je n’utilise pas mon ordinateur, mon smartphone ou ma tablette, je les éteins complètement. En agissant ainsi, j’augmente leur durée de vie et je ne consomme pas de l’énergie en vain.

Je peux aussi éteindre la borne wifi des bureaux en partant. Mais aussi celle de la maison quand je n’y suis pas, ou la nuit quand je dors.

 

Rédactrice : Mélanie Fourcy

 

Sources

Céleste, 62 watts pour une fibre optique : pour une consommation numérique responsable

Consoglobe, Internet : monde virtuel, pollution réelle, M. Bouterre, 2015

Consoglobe, Une recherche Google, c’est combien de CO2 ?, 2016

France Culture, Dans la tuyauterie d’Internet, A. Kieffer et M. Tellier, 2019

France Inter, Vive les SUV et mort aux jeunes !, T. Pastureau, 2019

Greenpeace, Impact environnemental du numérique : il est temps de renouveler Internet, 2017

How Bad are Bananas: The Carbon Footprint of Everything, M. Verners-Lee, Greystone Books, 2010

Le Monde, Combien de CO2 pèsent un mail, une requête Web et une clé USB ?, A. Garric, 2011

Les Écolos Humanistes, La pollution d’Internet, 2016

La Tribune, Comment le numérique pollue dans l’indifférence générale, S. Rolland, 2018

Les Echos, Le coût écologique faramineux du streaming vidéo, Y. Youssef, 2019

Ademe, La Face Cachée du Numérique, 2017