Quand on pense noël, le vocabulaire s’oriente facilement vers les mots : Sapin, cadeaux et calendrier de l’avent. Des produits saisonniers qui en quelques décennies, impactent fortement l’environnement.

Sapin et décoration : moins de gâchis, plus de magie

  • L’impact environnemental au XXIe siècle : le naturel VS l’artificiel

Branches de sapin de Noël

Photo by Annie Spratt on Unsplash

Le conifère le plus célèbre au mois de décembre n’est plus à présenter, il s’agit bien de notre cher sapin de noël !

Parlons chiffres pour se rendre compte du volume. En 2018, ce sont 6,9 millions de sapins (naturels et artificiels) de Noël vendus en France, dont 5,8 millions de sapins naturels₁. Nous restons donc globalement attachés au naturel dans notre salon dont 80% d’entres eux proviennent des forêts françaises.

Comme tous les végétaux, le sapin naturel est biodégradable et peut se transformer en copeaux de bois ou être composté. Malheureusement, les plantations de sapin ne sont pas toutes bio et utilisent encore des pesticides qui polluent les nappes phréatiques. De plus, ces plantations sont de type monoculture qui appauvrit l’écologie, la faune et la flore.

Le sapin artificiel est fabriqué à partir de pétrole et composé de matières premières non renouvelable (plastique). Selon l’ADEME, il faudrait garder au minimum 20 ans son sapin artificiel pour limiter son impact environnemental or les français le garde en moyenne 3 ans…

Tableau

Si l’on tient vraiment très fort à son sapin, voici quelques conseils pour le choisir :

– Les sapins naturels de France (Morvan, Franche-Comté, Jura).

– Les producteurs de sapin ayant le label Plante Bleue qui garantit une production éco-responsable sur le territoire français

– Les sapins ayant le logo MPS (“Milieu Programma Sierteelt”, label international d’origine hollandaise) qui mesure et évalue la performance de la production des horticulteurs afin de limiter leurs utilisations de pesticides

– L’épicéa qui reste l’espèce la moins impactante sur l’environnement car elle est cultivée sur des sols inadéquats pour l’agriculture. (Donc pas de déforestation en soit)

  • Les alternatives au traditionnel

Et si pour les fêtes, on sortait un peu des sentiers battus. Réinventons l’arbre de Noël !

Sapin de Noël alternatif

Photo by GreenPanach

  • L’arbre intemporel

Aujourd’hui, avec la mode du DIY, les idées ne manquent plus pour fabriquer un sapin à son goût. En respectant la forme initiale du sapin tous les matériaux sont permis : du tissu, des branches ramassées de sa dernière promenade dans les bois, du papier (coloriage, collage de photos sur le mur), du carton (boîte, rouleau de papier toilette), avec des objets du quotidien (pile de livres, bouchon de liège). Au niveau du volume, une création en 2D apporte un réel gain de place en facilitant son stockage hors période de Noël. En 3D, petit ou grand, l’effet cône se rapproche au plus près du sapin original.

  • Les sapins de noël en pot

Au lieu de couper un tronc, il est possible d’acheter son sapin en pot en faisant bien attention à vérifier la qualité de ses racines avant l’achat. Si nous n’avons pas la main verte, le replantage nécessite un minimum de préparation pour éviter la mort du sapin (ce serait dommage!). Ainsi, l’année suivante sera déjà opérative dans le jardin sans se déplacer. Il ne restera plus qu’à effectuer la décoration.

Une autre solution pour allonger la durée de vie d’un sapin est la location. Treezmas et Ecosapin proposent cette offre. Le principe est “d’adopter” un sapin en pot, se faire livrer à domicile et célébrer Noël. Les sociétés s’occupent de récupérer les sapins pour leur donner une seconde vie.

  • Les symboles à travers les siècles : une source d’inspiration en décoration

Parfois, il suffit de replonger son nez dans ses livres d’histoire pour redécouvrir des idées pleines de bons sens.

Au fil des siècles, la nourriture décorait le sapin tout en représentant des symboles aux yeux des personnes célébrant Noël. Et comme on n’aime pas le gâchis, elle se mange ou est biodégradable !

Tableau

Aujourd’hui, nous sommes au XXIe siècle et tout ce qui nous entoure nous inspire :

  • L’alimentation : du pain d’épice, du sucre d’orge, de la pâte à sel, des tranches de fruit séchées, de la cannelle…
  • La nature : des pommes de pin, des feuilles, des glands, des mini-tranches de bois personnalisées à l’aide d’un pyrograveur.
  • Les déchets réutilisables : remplacement des boules noël avec du papier plié en forme d’étoile/sapin, de la ficelle/laine enroulée sur des ampoules usagées, un cintre en fil de fer pour la base des couronnes.

En matière de décoration, la dernière astuce reste celle des vitres. Au lieu d’utiliser les bombes à neige toxique, un pinceau et un mélange de poudre de blanc de meudon (de la craie naturelle) avec de l’eau suffit à libérer l’artiste qui est en soi.

Cependant, le mois de décembre n’est pas dédié uniquement à la préparation du sapin de noël. Il nous réserve également des surprises journalières.

Vitrine Noël MZD dessin sapin blanc de meudon

Vitrine de la Maison du Zéro Déchet – Décembre 2019

Calendrier de l’avent, et si on pensait après ?

  • Origine et histoire

Dès le XIXè siècle, une tradition germanique née pour faire patienter les enfants à la découverte des cadeaux de Noël. Chaque matin, 25 jours précédant Noël, une image pieuse leurs était donnée.

Début 1900, les images se transforment en dessins à colorier, puis dans les années 60, le chocolat fait son apparition dans les calendriers.

C’est en 1998 que le premier calendrier de l’avent de jouets arrive sur le marché et celui-ci ne s’arrête plus de croître depuis.

En 2017 en France, 1,2 million de calendriers de jouets₃ et 11,6 millions de calendriers de l’Avent chocolatés₄ ont été vendus entre fin octobre et début décembre. Tous les fabricants affichent une constante progression.

  • Une qualité dégradée qui engendre une empreinte écologique mondiale importante

Au XXIe siècle, le calendrier de l’avent devient un vrai business avec pour cible les enfants (et les adultes !) sans forcément prendre en compte l’impact écologique de sa fabrication.

En premier lieu, son emballage en plastique et carton est de plus en plus élaboré et la qualité du chocolat reste à confirmer selon les modèles. En se penchant sur la liste des ingrédients (écrite en tout petit !), on relève quelques additifs, au maximum une lécithine de soja ou de tournesol (E322) et un émulsifiant (E476). Le sucre apparaît presque automatiquement en première position suivi de près par de la poudre de lait entier, du sirop de glucose-fructose ou encore de l’huile de palme pour certains₅.

Le chocolat est un produit d’exception et sa consommation excessive aujourd’hui nous fait oublier sa vraie valeur de production. A savoir que les trois quarts de la production mondiale de cacao proviennent d’Afrique de l’Ouest et qu’elle est le premier facteur de déforestation en Côte d’Ivoire et au Ghana₆.

Et si l’on pousse l’analyse plus loin d’un point de vue social, le bilan n’est pas glorieux. En Afrique de l’Ouest, les cultivateurs de cacao gagnent moins d’1$ par jour, 54 centimes en Côte d’Ivoire₆.

Le chocolat reste donc un produit exceptionnel à consommer pour les grands événements. En effet, lors d’une célébration importante, l’idéal est donc d’acheter du chocolat de qualité issu du commerce équitable.

Pire, il existe aujourd’hui des calendriers de l’avent remplis de jouets ou objets de basse qualité, fabriqués on ne sait où, on ne sait comment, et qui vont finir très rapidement à la poubelle : jouets en plastique, cosmétiques, bijoux, végétaux …

Pour gagner en qualité et se rapprocher d’une fabrication plus éthique en terme de calendriers de l’avent, on passe aux alternatives.

Photo calendrier de l'avent en tissu et en carton DIY

Photo by Tessa Wilson on Unsplash                                                                             Photo INSTA @GreenPanach

  • Des idées pour une version durable et personnalisable à l’infini

Au final, quel est le but du calendrier de l’avent ? Faire patienter les enfants, ajouter un peu de magie au quotidien, se mettre dans l’ambiance de Noël ou encore créer des petites surprises. Tout cela je peux le faire en réduisant déchets et impacts environnementaux et sociaux. Je crée mon propre calendrier.

Qu’ils soient en tissu, en papier ou en bois, le design de son calendrier de l’avent éco-responsable est personnalisable à l’infini. Voici quelques pistes pour y trouver son bonheur :

  • Rouleaux de papier toilette qui servira de pochon après avoir replié les bords vers l’intérieur
  • Boîtes de conserve en verre ou en aluminium pour des récipients plus rigides et créer une pièce montée en forme de sapin
  • De simples cartes (avec des mots d’amour) ou photos (de l’année écoulée) sur un mur/porte de chambre à retourner chaque jour
  • Des enveloppes ou sachets en tissu accrochés en guirlande, avec des fils sur une branche de bois ou bien directement dans le sapin

Sinon, on en achète un en étant conscient qu’il nous accompagnera pour des dizaines d’années. Qu’il soit en tissu, en bois, en pierre, en verre, en ficelle, on gagnera du temps pour l’année suivante. Un tour au grenier fin novembre, et le tour est joué pour l’année en cours !

Mais quoi insérer derrière chaque date ? Des surprises écologiques à la place d’objet non nécessaires dans son quotidien, des bons pour, des mots doux, des gâteaux faits maisons, des dessins…. Tout est possible !

GreenPanach propose 30 idées de petits cadeaux à insérer tel un trèfle à 4 feuilles ou un bâton de réglisse (pour ceux qui aiment).

La double facette des cadeaux de noël

  • Face A intérieur : offrir pour offrir

La lettre au Père Noël ou à la Mère Noël n’a pas d’âge alors on prépare sa plus belle plume. Quand la famille demande une liste de cadeaux, c’est souvent le fardeau. Et pourtant, cela évite des doublons, la revente le lendemain sur Internet ou bien la gêne du “Oh merci…[en OFF : je ne sais pas du tout ce que je vais en faire]”.

Cependant, avons-nous réellement besoin d’accumuler des objets chaque année ? Il est facile de passer d’un cadeau matériel à un cadeau expérience de vie. Pas besoin d’aller dans la jungle pour offrir de l’aventure, un escape game suffira. Une exposition, un musée, un concert, un spectacle ou une pièce de théâtre animera davantage les curieux de découverte culturelle.

Pour les plus créatifs, la fabrication maison reste le cadeau le plus personnalisé et le plus émotionnel envers la personne qui le reçoit.

Si on aime absolument les cadeaux, on pense aux cadeaux écologiques. L’association Zero Waste France s’est penché sur le sujet en listant leur top 10 des cadeaux zéro déchet

Cadeaux emballés de papier kraft et ficelle

Photo by Tetiana Shadrina on Unsplash

  • Face B extérieur : 10 min à couper et scotcher; 30 sec à déballer !

Il est temps de dévoiler le vrai poids des papiers cadeaux. On quantifie chaque année en France, 20 000 tonnes de papiers cadeaux₇ utilisés pour se retrouver quelques jours plus tard (voir quelques heures !) dans la poubelle.

Tous les papiers (plastifiés, en paillettes, brillants, métallisés…) ne se recyclent pas donc le mieux reste dans un premier temps d’utiliser du papier recyclé comme le kraft. Pour donner un éclat au papier kraft, rien n’empêche de dessiner dessus ou bien de demander de l’aide à ses enfants.

  • L’option emballage avec du papier journal, des magazines, des publicités de la boîte aux lettres, de vieilles cartes routières abîmées, ou même d’anciens emballages cadeaux reste la moins onéreuse.
  • La plus écologique arrive du Japon avec la méthode furoshiki : on enveloppe le cadeau dans un morceau de tissu en nouant avec une technique précise. Prévoir quelques jours d’avance pour s’entraîner à l’aide de tutoriel vidéo.
  • L’option la plus radicale reste celle sans emballage ! On regroupe tous les cadeaux dans des totes-bag nominatifs, hottes, coffres (pour les cadeaux volumineux), paniers à couvercle… La personne concernée tire au fur et à mesure et au hasard chaque cadeau. Le site A qui S propose des hottes personnalisables en toile de jutte dont la fabrication s’effectue dans leur atelier du Sud-Ouest de la France.

Scotcher sans scotch est accessible à tous. Une colle faite maison convient très bien pour les fans d’atelier maison. Sinon, avec de la ficelle (lin, laine, coton…) ou ruban de récupération, des trombones, pinces à papier double clic ou des pinces à linge…, “emballez c’est fermé” !

 

A lire sur le sujet de noël : 

 

Rédactrice : Emilie Girault

 

Sources

₁ Source Etude Kantar TNS, 2019

₂ Source Eude Ellipsos Comparative LCA of artificial v. natural Christmas tree, 2009

₃ Source Cabinet NPD

₄ Source Cabinet IRI

₅ Source 60 millions de consommateurs

₆ Source Rapport de Mighty Earth : « Chocolat : mensonges sous emballage

₇ Source GreenFlex